Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 141 – Les statistiques, ces mentors du mensonge : quand 23 % d’alcool font oublier les 77 % d’eau
Par un citoyen éberlué (mais pas ivre, enfin… pas encore)
Le grand révélateur : l’alcool, ce bouc émissaire trop facile
Ah, les statistiques ! Ces chiffres magiques qui transforment des réalités complexes en slogans claquants, prêts à être recrachés par des égos en mal de visibilité ou des journalistes en quête de clics. Prenons un exemple édifiant : selon la Sécurité Routière (2025), 23 % des accidents mortels sur nos routes sont liés à l’alcool. Un chiffre effrayant, n’est-ce pas ? Assez pour justifier des radars à chaque carrefour, des campagnes choc avec des foies en plastique géants, et des amendes qui font pleurer même les comptables de Bercy.
Mais attendez, chers compatriotes éméchés de raison : si 23 % des accidents mortels sont causés par l’alcool, cela signifie donc que 77 % des accidents mortels sont causés… par des buveurs d’eau !
Oui, vous avez bien lu. 77 %.
Imaginez la une des journaux : « SCANDALE : L’EAU, CE TUEUR SILENCIEUX ! » ou « EXCLUSIF : Les automobilistes sobre, ces assassins du bitume ». Pourquoi diantre ne voit-on jamais ce titre ? Parce que, voyez-vous, l’eau ne paie pas de taxes, ne fait pas vendre de kits de dépistage à 50 € pièce, et surtout, elle ne permet pas de justifier l’extension des pouvoirs de l’État sur nos verres (et nos libertés).

Le jeu des pourcentages qui dansent
Les statistiques, c’est comme un flacon de whisky : ça peut réchauffer le cœur ou embrumer l’esprit, selon la dose et l’intention. Prenons un autre exemple savoureux :
- 32 % des accidents mortels sont liés à la vitesse excessive.
→ Conclusion officielle : « Il faut plus de radars ! »
→ Conclusion alternative : « Donc 68 % des accidents mortels sont causés par des gens qui roulent… à la vitesse légale ?! »
Scandale ! Faut-il alors interdire de rouler à 90 km/h ? Ou bien avouer que la vitesse n’explique pas tout, et que peut-être, juste peut-être, la route, les autres usagers, ou même la malchance jouent un rôle ? - 10 % des accidents sont dus à la distraction (téléphone, GPS, etc.).
→ Conclusion officielle : « Interdisons les portables en voiture ! » (ce qui est déjà fait, mais chut…)
→ Conclusion alternative : « Donc 90 % des accidents sont causés par des gens qui… regardent la route ?! »
Absurde ? Pas plus que de faire porter le chapeau à une seule variable. - 5 % des accidents sont liés aux stupéfiants.
→ Conclusion officielle : « Dépistage généralisé ! »
→ Conclusion alternative : « Donc 95 % des accidents sont causés par des gens… sobre comme des chameaux ? »
Bizarre, non ?
La Magie des corrélations abusives
Les manipulateurs de chiffres adorent les corrélations trompeuses. Saviez-vous que :
- 100 % des accidents de voiture impliquent… des gens qui portent des chaussures ?
→ Solution radicale : Interdisons les chaussures au volant ! (Et tant pis pour les pieds nus, ils n’ont qu’à prendre le bus.) - 99 % des accidents ont lieu… sur des routes ?
→ Solution évidente : Fermons toutes les routes ! (Les piétons pourront toujours se déplacer en trottinette… jusqu’au premier accident de trottinette, bien sûr.) - 80 % des conducteurs impliqués dans des accidents… ont un permis de conduire ?
→ Conclusion implacable : Le permis de conduire tue. Abolissons-le ! (Et laissons le volant aux 12 ans, eux au moins n’ont pas encore eu le temps de se corrompre.)
Le Piège du « Cause Unique »
Le vrai problème avec les statistiques, c’est qu’elles sont toujours présentées comme des vérités absolues, alors qu’elles ne sont que des morceaux de puzzle. Prenez l’alcool :
- Oui, 23 % des accidents mortels y sont liés.
- Mais :
- Combien de ces conducteurs alcoolisés roulaient aussi trop vite ?
- Combien n’avaient pas leur ceinture ?
- Combien utilisaient leur téléphone en même temps ?
- Combien conduisaient un véhicule mal entretenu ?
Réponse : On ne sait pas. Et surtout, on ne veut pas savoir, parce que ça compliquerait le récit. Mieux vaut un coupable unique (l’alcool, la vitesse, le téléphone) qu’une réalité complexe où tout le monde a sa part de responsabilité.
La solution miracle (qui n’existe pas)
Alors, que faire ?
- Interdire tout : l’alcool, les voitures, les routes, les chaussures, et pourquoi pas l’oxygène (car 100 % des accidents ont lieu dans une atmosphère oxygénée).
- Faire porter le chapeau à une minorité : les jeunes, les vieux, les ruraux, les urbains, les riches, les pauvres… Bref, tout le monde sauf nous.
- Accepter que la vie est un risque et que même avec toutes les lois du monde, il restera toujours des accidents – parce que l’erreur est humaine, et que le zéro risque n’existe que dans les discours de quelques égos.
Épilogue : le chiffre, ce menteur poli
Les statistiques ne mentent pas, mais les gens qui les utilisent, si. Elles sont comme un couteau suisse : ça peut servir à éplucher une pomme de terre… ou à poignarder son voisin dans le dos.
Alors la prochaine fois qu’on vous sortira un « 23 % des accidents sont dus à l’alcool », répondez simplement :
« Ah bon ? Et les 77 % restants, c’est la faute à Pascal, le type qui boit de l’eau plate en regardant la route ? »
Parce que dans le doute, mieux vaut rire… que de se faire avoir.
PS : Cet article a été rédigé sous l’influence de caféine et d’ironie. Aucune statistique n’a été maltraitée pendant sa rédaction. Enfin, pas volontairement.
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